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Article écrit en collaboration avec l'association Violence et Famille.
Peut-on expliquer pourquoi certains hommes ont recours à cette forme de comportement ? (domination, frustration ?)
En préambule, rappelons que notre société est encore largement patriarcale et que la construction de l’identité des garçons valorise les comportements de compétition et la violence, ceci dès les préaux des écoles. D’autre part les garçons se voient définir et se définissent très vite dans leur développement par des caractéristiques qui les opposent aux filles : « t’es une vrai nana ! », « gonzesse ! » sont des insultes qui attaquent directement l’identité sexuelle des garçons en dévalorisant les caractéristiques attribuées aux filles.
Les hommes violents que nous rencontrons ont recours à ce type de comportement soit :
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parce qu’une blessure en eux a été réveillée par le comportement de leur conjointe : il ne font pas la différence entre celle qui fait office de « déclencheur » et l’histoire de leurs anciennes blessures.
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parce qu’ils ne connaissent pas d’autres réponses dans certains contextes, face à certaines peurs et souffrances,
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parce que ce type de réponses s’est montré « payant » à un moment donné de leur parcours de vie (pour certains au moment où ils se sont révoltés violemment contre des maltraitances subies depuis longtemps).
Quels que soient les « pourquoi ? » de leur comportement violent, ces hommes nous contactent parce que les pertes occasionnées par le choix du recours à la violence l’emportent sur les gains qu’ils en retirent.
Cela dit, un comportement violent dans un couple prend toujours sa place dans un mode relationnel particulier, c’est à dire une relation affective. Pour la très grande majorité de ces hommes, c’est la perte de maîtrise de certaines attributions dans la relation qui les amène à user de violence. La définition et le partage du pouvoir dans un couple peut se construire autour d’une infinité de formes : les incidents de la vie quotidienne les plus banals peuvent déclencher des violences meurtrières.
Parfois, au delà d’un conflit de pouvoir, le conjoint déplace certaines frustrations accumulées dans la vie extrafamiliale et les déverse sous forme de colère et de rage dans l’intimité du couple. Qui ne s’est pas retrouvé une fois ou l’autre à ramener sa mauvaise humeur à la maison en fin de journée ? Tout se joue cependant dans les limites et les formes que chacun est capable de mettre à l’expression de ces émotions.
Au delà du cycle bien connu de la violence, voici quelques traits qui caractérisent les hommes qui nous contactent : difficulté à respecter des limites, expérience d’un rapport abusif à l’autorité, dépendance affective, isolement relationnel (faire partie de multiples associations ne signifie pas avoir un ami sur lequel compter et à qui se confier), mauvaise estime de soi, faible capacité d’écoute, difficulté à faire des liens entre émotions et réactions impulsives.
Remarquons que dans des structures accueillant des hommes contraints par la justice à faire une démarche, certains se caractérisent par une conception des femmes comme naturellement inférieures à l’homme : il leur revient selon leur représentations des rapports entre hommes et femmes de les « éduquer pour leur bien ». C’est une conception « féodale » des relations entre hommes et femmes.
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