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La coparentalité et politique familiale
La société évolue: la législation doit s’adapter à la famille moderne ! Aujourd’hui le divorce touche un couple sur deux dont la moitié ont des enfants. L’Office fédéral de la statistique 1* nous indique qu’en 2007, 14'700 enfants mineurs ont vécu le divorce de leurs parents.
Depuis l’an 2000, le nouveau droit du divorce offre la possibilité d’un droit de garde alterné. Dans ce cas, l’autorité parentale peut être partagée ou conjointe. Elle fait l'objet d'une demande expresse des parents: c'est une une co-participation aux décisions importantes dans la vie de l'enfant, mais avec l'accord des deux parents. Les parents sont alors d'accord sur:
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le partage de l'autorité parentale,
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la prise en charge concrète de l'enfant
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la répartition des frais d'entretien qui seront validés par le juge.
Bien entendu chacun des parents doit être capable de s'occuper seul de l'enfant. Les parents disposent d'une grande liberté dans la répartition de la prise en charge de l'enfant. Ils peuvent choisir un système de garde alternée (l'enfant habite alternativement chez la mère et chez le père dans une mesure plus ou moins égale, d'où nécessité de logements proches pour les écoles, les activités extra-scolaires...) ou un système dans lequel la garde de fait est assumée principalement par un parent, l'autre entretenant des relations personnelles larges avec ses enfants et participant aux décisions importantes concernant leur avenir. La solution doit dans tous les cas être compatible avec le bien de l'enfant.
L’autorité parentale conjointe est très difficile à concrétiser car elle nécessite un accord total de la part des deux parents. En revanche, il est toujours rare qu’un homme obtienne la garde exclusive de ses enfants même si cette situation évolue. Si le divorce touche le même nombre d’hommes que de femmes, il y a encore de grandes inégalités. La garde des enfants est encore basée sur le schéma traditionnel de la répartition des rôles et des tâches au sein du couple. Il est urgent de mettre en place une véritable politique familiale à l’intention des familles traditionnelles, éclatées, recomposées ou monoparentales avec une responsabilité équitablement répartie entre chaque parent. Au moment de la séparation, les problèmes les plus importants sont la communication et ceux liés à l’argent. Ces situations de crise se vivent très souvent mal. Si de nombreuses associations sont à l’écoute des femmes lors de ces moments pénibles, rares sont celles qui sont susceptibles d’aider les papas désespérés. Ils ressentent de l’impuissance, de l’injustice voire du désespoir. Profondément blessés, ils ont souvent de la peine à parler de leurs difficultés et à demander de l’aide.
La coparentalité est un premier pas vers la justice vis-à-vis des pères régulièrement relégués au rang des visiteurs - payeurs. Ils se situent encore trop souvent du côté des perdants. La Coordination Romande des Organisations Paternelles (CROP) 2* promeut la prise de conscience de la co-responsabilité parentale après la séparation et le divorce. Elle se réjouit de la simplification des procédures qui engendreront une diminution des frais directs et sociaux. Le CROP préconise aussi la mise en place d’un processus de médiation automatique. Celle-ci permettrait aux parents de construire une solution qui préserverait leurs intérêts tout comme ceux de leurs enfants, afin de régler les conflits de manière extrajudiciaire.
La communication entre parents doit être mise en avant ; la responsabilité parentale ne sera que renforcée par le biais de solutions consensuelles. L’enfant a droit et à besoin de ses deux parents: ce n’est pas à lui à subir les conséquences du couple en rupture! 1* www.statistique.admin.ch 2* www.crop.ch
Roselyne Grob de Wolff
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