La fin du monde en 2012?
Depuis quelques années, des nouveaux prophètes annoncent l’Apocalypse pour décembre 2012. Cette prédiction reçoit un accueil enthousiaste dans les milieux ésotériques. Faut-il en avoir peur?
Annoncer la fin du monde n’a, on s’en doute, rien de nouveau. La plupart des grandes religions et des minorités spirituelles proposent des visions de la fin des temps. Les courants chrétiens que l’on appelle millénaristes placent la fin des temps au centre de leur vie religieuse. Les milieux ésotériques, qui ne sont pas en reste, véhiculent également des croyances apocalyptiques. Les échéances ont été nombreuses : au 20ème s., par exemple, 1914, 1925 ou 1999 ont fait l’objet de prédictions. Des devins et des prophètes, spécialisés dans ce domaine, en ont même fait leur gagne-pain.
Actuellement, des médiums, guérisseurs et adeptes de l’ésotérisme nous annoncent très sérieusement la fin du monde pour 2012. Ce «buzz» s’accompagne de la parution de nombreux ouvrages vendus dans nos librairies, qui appellent les lecteurs «à se préparer».
On doit l’origine de ce marketing éditorial au journaliste américain Lawrence E. Joseph qui, le premier, a publié sur ce sujet APOCALYPSE 2012 : UNE ENQUETE SCIENTIFIQUE SUR DES CATASTROPHES ANNONCEES (2007). Dans ce livre, devenu un best-seller, l’auteur convoque les grandes catastrophes naturelles du passé et les désastres écologiques présents pour les mêler à de nouvelles interprétations de textes astrologiques, ésotériques ou religieux (calendrier maya, Yi-Qing, versets bibliques, hadith de la tradition musulmane,…). Bien que le caractère scientifique de son étude soit très contesté, cet ouvrage et ses dérivés rencontrent un succès considérable. Ils aiguisent l’intérêt de nombreux lecteurs et groupes ésotériques comme l’attestent les multiples sites internet et forum de discussion consacrés au sujet.
Faut-il en avoir peur ? Fort heureusement, on observe que la plupart des prophètes d’aujourd’hui interprètent la fin du monde comme le début d’une «nouvelle ère», un monde libéré de la violence et de l’injustice. Tout en instillant la peur, ils appellent à des changements positifs. Mais, dans certains cas, les prédictions de ce genre peuvent susciter chez ceux qui y croient des comportements extrêmes : vente des biens du foyer, abandon du travail, liquidation des avoirs, déménagement, et dans les pires des cas encouragement au suicide. Bien que le risque de danger soit mince, il s’agit néanmoins d’être vigilant.
Voici quelques indicateurs auxquelles il faut faire attention:
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Le groupe est convaincu que la mort n’est pas une fin et que quelque chose de mieux les attend: cette croyance encourage les fidèles à penser que la vie perd de sa valeur et peut les inciter à sacrifier leur propre vie.
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Le groupe est dirigé par un chef charismatique : son autorité augmente la soumission des membres et renforce leur conviction que la fin du monde va avoir lieu.
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Le groupe se sent profondément persécuté : les membres considèrent le monde extérieur comme menaçant et peuvent réagir par la violence.
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Le groupe a adopté une vision du monde manichéenne (nous/eux). Cette manière de penser peut encourager le sentiment de supériorité vis-à-vis de l’extérieur et l’isolement social.
Si vous voulez en savoir plus sur cette prophétie et le comportement à risque qu’elle peut provoquer, vous pouvez contacter le Centre intercantonal d’information sur les croyances. Adresse : 27, Boulevard Helvétique, 1207 Genève. Tél. : 022 735 47 50 info@cic-info.ch http://www.cic-info.ch Salle de documentation ouverte au public de 9h30 à 18h
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