Aujourd'hui j'ai vraiment besoin d'être rassurée par celles qui sont passées par là et qui s'en sont sorties!
Mon mari et moi nous sommes séparés au mois de février dernier. Il a quitté la maison en mai après 11 ans de mariage.
Nous avons beaucoup travaillé sur notre relation et ne sommes pas en conflit ni pour l'argent ni pour la garde des enfants
et arrivons à bien communiquer pour les choses de l'organisation.
Cependant, après 4 mois de séparation, je suis au creu de la vague. Je trouve ça très dur de me retrouver seule avec les
enfants (même s'il s'en occupe, mais le quotidien c'est pour moi) et en même temps je n'ai pas envie de retourner en arrière,
car cette relation était trop compliquée et blessante. Je ne suis pas ouverte non plus à rencontrer qqun pour l'instant, je ne
m'en sens ni l'envie ni l'énergie.
Dites-moi est-ce que ça passe tout ça?? Comment c'était pour vous qui êtes passées par là, dès fois j'ai vraiment l'impression
qu'il y a trop à gérer. Faire le deuil de la relation et de la famille avec cette charge de travail est bien diffiicile.
Je ne me sens pas déprimée, mais découragée!
Tout d'abord, je t'envoie plein de chaleureuses pensées de courage et d'empathie!
Tu traverses un tsunami, une grande partie de tes repères sont chamboulés, tu dois réinventer le futur mais aussi le présent, à chaque seconde! C'est bien normal que tout cela te touche, te bouleverse parfois... Ta séparation date de février, c'est vraiment récent! Ça me semble normal que tu ne sois pas au top tous les jours!
Je vis séparée du père de mes enfants depuis 1.5 ans et je comprends bien tes mots... Ma "chance" a été (et est toujours!) qu'il ne se comporte pas bien, il a bloqué une partie de la pension alimentaire des enfants, fait des histoires avec le droit de visite, bref, tout est pénible, compliqué, chronophage, énergivore... Il m'est donc bien plus facile de faire mon deuil d'une telle personne!
Avant qu'il ne parte, j'ai beaucoup, beaucoup redouté ce moment (faisant tout pour qu'il n'arrive pas ou le plus tard possible...), mais une fois que le pas a été franchi, cela a été une libération pour moi! Aujourd'hui, je suis certes crevée, lessivée (surtout avec la rentrée scolaire...) mais tellement plus sereine, tranquille et souriante Et surtout j'ai retrouvé de l'estime de moi-même: par mon statut de femme libre (je ne me reconnais pas dans le terme "femme seule"), j'ai du apprendre à me servir d'un tas d'objets nouveaux (perceuse, marteau, tondeuse, faux), gérer les impôts, faire face seule à l'organisation de la famille (j'ai 4 enfants)... et ce n'est pas rien!! ) Tout n'est biensur pas parfait, il y a des moments où j'ai l'impression que je vais être engloutie par un grand trou noir mais finalement les choses se font, la vie se vit, les enfants sourient...
Si je peux te donner un conseil: vis les choses comme tu peux, à ton rythme à toi! Si un jour, rien ne va et bien ne fais rien ou le minimum, la lessive attendra, la poussière aussi et aucun enfant ne sera mort d'avoir mangé quelques pizzas surgelées... Vis tes émotions, pleure, crie si tu le peux, c'est normal et c'est à mon avis mieux de les laisser sortir plutôt que de les refouler au fond de toi... Les choses vont se mettre en place, peu à peu, autour de toi, tu vas retrouver d'autres bases, d'autres manières de fonctionner, d'autres sources de plaisir...
Pour ma part, je ne regrette pas du tout mon mariage et les 25 ans que j'ai passés avec le père de mes enfants, j'ai vécu plein de choses intéressantes avec lui, mais aujourd'hui, j'ai l'impression que cette séparation est une chance aussi: l'occasion de me découvrir, de vivre une autre vie, très chouette aussi! Mais malgré ces paroles "optimistes", je reconnais volontiers que la vie est dure parfois et que chaque petit pas se mérite...
Arcelor, ton message est un vrai rayon de soleil. Merci pour ton empathie et les mots que tu utilises qui me touchent profondément.
La perte de repères, c'est exactement ça. Tout reconstruire avec des tonnes de responsabilités sur les bras... c'est un changement radical.
Moi je ne sens pas encore le soulagement, car je suis trop dans une tristesse et la culpabilité par rapport aux enfants. Je trouve ça tellement
dur de casser le mythe de la famille qui dure, qui aurait pu communiquer, s'entendre, s'aimer, se soutenir... J'ai tellement donné de moi pour
essayer d'y parvenir et le résultat c'est le contraire! Je peux imaginer des portes s'ouvrir à long terme et pour un mieux, je peux m'imaginer la
liberté dont tu parles, mais pour l'instant je ne les vis pas.
Je te trouve très courageuse avec 4 enfants!! Ils ont quel âge? Arrives-tu à avoir un peu de temps pour toi, as-tu retrouvé quelques repères?
Comment tes enfants vivent-ils cette séparation?
Merci en tout cas d'avoir partagé avec moi, c'était un magnifique message!
Mes enfants ont 11, 12, 14, 16 ans, 3 garçons puis une t'ite nana! Te dire que chaque seconde passée avec eux n'est que bonheur et plénitude serait une exagération totale mais disons que cela se passe pas trop mal, compte tenu de leurs âges (adolescence...) et des circonstances familiales. En plus de la séparation de leurs parents, pendant le même période ils ont aussi perdu 2 de leurs grand-parents à 9 mois d’intervalles (mes parents), ils ont donc été en contact avec la mort, la séparation, le deuil... Mais c'est là que tu vois que la vie est bien faite (et les enfants solides ): il y a biensur la tristesse, la colère, le dépit mais le soleil revient, on parle beaucoup des grands-parents, de ce qu'ils nous ont apportés, qu'ils sont toujours dans nos cœurs, qu'ils nous soutiennent de là-haut... Et pour ma part, cela m'aide beaucoup de savoir mes parents avec moi, quoiqu'il arrive, je ne me sens pas seule.
Comme toi, j'étais assez triste à l'idée de n'avoir pas pu offrir une famille unie à mes enfants... je crois que c'est un des éléments qui faisait que je ne voulais pas me séparer de mon ex, pour ne pas casser la belle image d'une famille unie et aimante... Mais finalement, l'image était déjà bien écornée depuis plusieurs années et mes enfants en souffraient beaucoup. Avec la séparation, ils ont certes perdu le "rêve de la famille unie" mais ils voient une maman qui se débrouille, se bat, s'en sort et ça me semble bien aussi finalement! De leur père, ils ont peut-être l'idée de qqun qui va au bout de ses idées malgré tout, avec avantages et inconvénients... Tout cela me semble bien aussi pour leurs vies futurs, ils comprennent que les choses peuvent changer, qu'il faut parfois remettre en question un certain nombre de choses mais qu'on peut s'en sortir, que ce n'est pas la mort... Je pense qu'en tant que maman seule, on transmet de la force à nos enfants et cela est précieux.
Pour le "temps pour moi", je souris... mon ex ne prenant pas les enfants ensemble (il ne veut pas faire de chambre à coucher pour eux, il n'en veut qu'un à la fois, donc tournus sur 8 semaines!! Et comme le grand ne veut plus le voir... bref!!!), je n'ai pas de jour seule chez moi pour tranquillement faire les courses, tranquillement regarder un film à la TV, tranquillement boire un thé avec une amie... alors j'improvise!! Car avoir du temps pour soi est vital, sans cela je n'y arriverais pas... mais je le prends là où c'est possible, le soir, dans ma voiture pour aller au job, au job lui-même... je grappille les p'tits moments où je peux écouter de la musique, admirer le paysage, réfléchir... et pas besoin d'un week-end entier pour cela!! Pour le reste, mes enfants peuvent maintenant rester seuls un moment, je ne me sens pas trop coincée (mais c'est un peu de la jonglette parfois...).
Ce qui me pèse parfois est le manque de temps: entre les 4 enfants, mon boulot à 100%, la maison à entretenir, les courses, le ménage, les papiers divers, les impôts, le divorce, les démarches suite aux décès de mes parents... c'est rude... il faut une organisation bien huilée... parfois ça marche nickel, parfois moins... Pendant un bout de temps, j'ai pris sur mes heures de sommeil mais l'idée n'est pas excellente, je zonais toute la journée et étant inefficace au possible... Et comme je fais 200 km par jour en voiture, ça devenait vraiment limite... Donc maintenant, j'essaie de maintenir des nuits corrects et tant pis pour le reste... Mais ça m'énerve un peu... j'aime quand les choses avancent, sont faites... mais voilà, pas le choix parfois!! Et ce qui est dure aussi est de rentrer du job (avec le stress que cela peut signifier, la route, etc.) et de devoir retrouver vite de l'énergie pour accueillir les kids, les écouter, voir comment ils vont, comment était la journée... tout en faisant à souper car ils sont affamés )
Enfin, tu connais certainement tout cela aussi... quels âges ont tes enfants? Travailles-tu à l'extérieur?
D'accord, c'est difficile de prendre du temps pour soi quand les enfants sont jeunes. Mais ils grandissent finalement assez vite et ce temps ira en augmentant Je trouve que tu as bien du mérite de travailler si loin de chez toi, cela doit être parfois bien difficile.
Moi aussi j'ai divorcé, il y a maintenant presque 30 ans. Ce qui a été le plus difficile a été de reconnaître l'échec, d'effectivement faire le deuil de la famille qu'on avait imaginé. Il reste qu'aujourd'hui, je n'ai pas l'ombre d'un regret et ce divorce a certainement été une des meilleure chose qui me soit arrivée Une famille, j'en ai reconstruit une, ajouté deux enfants et je suis toujours avec le papa depuis bientôt 25 ans. Nos enfants étant adultes, nous découvrons les joies d'une vie où on se fait plaisir, on a moins de soucis matériels et même si on n'est plus tous jeunes, je vous jure que la vie est belle
Oui, je sens aussi que les enfants grandissent vite ces temps, qu'il faut surtout profiter de faire des choses avec eux plutôt que de râler contre le manque de tranquillité... Et de les voir sourire tous les soirs et matins est la plus belle des énergies!
Mon boulot est loin en effet, j'aurais pu changer mais j'avais besoin de garder qqch de stable dans ma vie, de ne pas voir tout valser en même temps... Et ce boulot est un peu une seconde maison, j'aime beaucoup mes collègues, j'aime ce que je dois y faire, j'ai beaucoup de liberté avec les horaires, c'est vraiment difficile de trouver mieux! Donc pour l'instant, j'en profite un max! Pour la suite, on verra bien comment les choses s'organiseront, je trouverai les solutions au fur et à mesure!
Je suis aussi passé par cette période de grosse décompression. A tel point que je faisais des détours pour ne pas repasser devant mon ex-chez moi! Et pourtant avec mon ex, tout se passe bien. Il a un peu digéré et souhaite, comme moi, surtout ne pas faire la guerre, mais préserver une excellent entente pour nos 3 enfants. Ce que nous faisons. Et c'est un peu ça qui a été si dur au départ, car le voyant sous un jour super favorable, il fait plein d'efforts pour être propre, à l'heure... je me disais: finalement, peut être n'as tu pas tout essayé! Alors vague de culpabilité... Mais les enfants me disent bien que depuis qu'on s'est séparé, ils ont découvert leur père et ça ils ne le regrettent pas. Ensuite, une fois que les choix sont fait, il y a toujours des conséquences... fatigue, soucis financiers, de disponibilité pour les enfants. Et tenir la maison, le travail. Les sorties avec les copines se sont réduit à la portion congrue, les plans cinoche se sont transformé en plan télé...Mais globalement, après un recul de 3 ans (car ça fait un peu plus de 3 ans que je suis partie), je me sens mieux qu'avant mon départ, je suis heureuse, je ne râle plus pour tout et n'importe quoi et surtout je suis libre! Libre dans ma tête, je fais ce que je veux moi, et pas ce que je pense qu'aimerait mon mari si jamais il daignait donner son avis, libre de penser ce que je veux, libre de partir en vacances où je veux... Quel soulagement au quotidien! Plus de prises de têtes, de sentiment d'inachevé, de questionnements et de doutes (je pars, je ne pars pas...) Mais... le deuil de la famille a été très long!!!
Bon courage, ce n'est pas facile, mais tu verras, tu te reconstruiras avec tes valeurs, tes rêves à toi
Merci à toutes pour vos messages si encourageants et profonds, ça me fait le plus grand bien de vous lire.
Arcelor, tu es incroyable! J'avoue que je suis pleine d'admiration pour toi et ton positivisme. Tu t'en es super bien
sortie dans une période où tu t'es séparée et a perdu tes deux parents, tu dois avoir une force de caractère hors du commun!
J'avoue que je suis baba...
Mes enfants ont 11, 8 et demi et 4 et celle du milieu est une pas facile du tout, qui ne gère pas du tout la frustration et qui
prend beaucoup de place... Pas tous les jours évident! Oui je travaille à l'extérieur à environ 60% dans deux jobs différents.
Pour l'instant j'arrive à tout gérer, mais j'avoue que je me sens fragile et que la perte de mes repères m'angoisse beaucoup.
J'essaie de rester dans le moment présent, mais je me laisse souvent rattraper par l'inquiétude de l'avenir et de tout ce qu'il
y a à gérer. En ce moment c'est un jour après l'autre...
Mona, tu me donnes de l'espoir. Bon moi j'ai 40 ans et je n'ai pas envie de refaire en famille avec de nouveaux enfants, mais j'ai
vraiment envie de pouvoir rencontrer quelqu'un avec qui partager de belles choses. Pas tout de suite évidemment, mais ton message
me fait du bien, je vois que c'est possible! Et surtout ça montre que ton divorce était justifié, tu as ensuite rencontré l'homme avec
qui c'était possible de faire une longue route... J'espère que ça m'arrivera, car je ne suis définitivement pas une célibataire dans
l'âme.
Mama-Mia, moi aussi quand je vois mon mari tout gentil et adéquat avec les enfants, je me demande si je n'étais pas un peu trop exigeante,
si finalement ça n'aura pas pu marcher... Mais bon, il y a des trucs après qui me remettent tout-de-suite les pendules à l'heure!
Chassez le naturel il revient au galop...
Je te trouve généreuse lorsque tu dis que les enfants ont découvert leur papa. Chez moi c'est aussi comme ça, mais il y a un arrière fond
de fâcherie, car il aurait qd-même pu être aussi un peu comme ça avant...
Merci encore d'avoir écrit, c'était super réconfortant, à bientôt.