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Dyslexie

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Mon enfant est dyslexiqueDyslexie – Conseils aux familles

Un article écrit par le Dr Virgile Woringer, pédiatre FMH, diplômé en santé publique.

1. La dyslexie : comment la reconnaître – qu’est-ce que c’est ?

Que faire pour la scolarité de l'enfant dyslexique ?
Il faut distinguer ce que l'on peut souhaiter de la part du milieu scolaire et ce qu'il convient de mettre en place dans le milieu familial. Des conseils pratiques sont à votre disposition dans les 2 chapitres ci-dessous.

 

1. La dyslexie : comment la reconnaître – qu’est-ce que c’est ?

Le principal critère de la dyslexie est un écart significatif (d’au moins deux ans) entre le rendement intellectuel et les compétences en lecture (précision ou rapidité, ou les deux) qui interfère de façon significative avec la réussite scolaire et les activités de la vie quotidienne nécessitant la lecture.
De plus, cet écart ne saurait s’expliquer par
a) une déficience intellectuelle,
b) un trouble psychoaffectif,
c) un déficit sensoriel (vision et audition),
d) une éducation lacunaire en lecture ou
e) un manque de motivation et d’intérêt.

Donc, pour diagnostiquer la dyslexie, il est nécessaire de dresser le portrait global de l’enfant ou de l’adulte, y compris son cheminement scolaire, son bilan intellectuel et son profil psychoaffectif.

La dyslexie est un trouble spécifique de la lecture qui est d’origine neurologique avec une fréquence accrue dans certaines familles.
La manifestation principale de la dyslexie est le manque de fluidité de la lecture, lequel relève de deux facteurs principaux touchant la précision et la vitesse.
  
La dyslexie se distingue d’abord par le fait que la lecture est imprécise ou lente, ou les deux. Malgré un entraînement rigoureux durant l’enfance et l’adolescence, qui permet à la personne atteinte de lire avec une plus grande exactitude, la lecture ne parvient difficilement à s’automatiser, et le lecteur dyslexique peut être jusqu’à deux à trois fois plus lent que le lecteur normal. Ceci est non seulement décourageant, et aussi épuisant.
   
Afin de bien lire et de bien orthographier les mots de sa langue, tout lecteur doit utiliser, en parallèle, deux stratégies différentes :

  • Première stratégie: la correspondance graphème-phonème (connaître les sons qui correspondent aux lettres et aux unités de mots).
    En simplifiant, les mots pour lesquels cette stratégie «phonologique» est facile sont les mots dits «réguliers» (par exemple : papa, matin, bonjour, cheval, porte, classe, etc.).
      
  • Seconde stratégie: la stratégie «lexicale»: les mots dits «irréguliers», présentent une irrégularité (par exemple: bien, sœur, femme, monsieur, citoyen, saison, synonyme, etc.). Ils font appel à une stratégie « lexicale » : afin de les lire et de les orthographier correctement,  nous devons les mettre dans une mémoire spéciale (ou un catalogue) qui encode leur forme orthographique (ou leur image globale). Il est important de préciser que cette mémoire visuospatiale est anatomiquement et fonctionnellement différente de notre système de mémoire plus générale (mémoire des faits, événements et procédures).

La dyslexie a une acuité différente selon les langues, précisément en raison des variabilités de la correspondance graphème-phonème et phonème-graphème. L’allemand est très régulier, comme l’italien et l’espagnol, le français comporte hélas plus d’irrégularités, et l’anglais, bien que reconnu come facile par certaines caractéristiques, est beaucoup plus variable.

  
Mon enfant parait atteint de dysphasie ou de dyslexie, que faire ?
   

La dysphasie: c'est une difficulté au niveau de la structuration du langage oral, et survient plus tôt qu’une dyslexie, qui touche à la communication écrite (lettres).
  

  • Dysphasie
    Un enfant peut paraître atteint de dysphasie (trouble beaucoup moins fréquent que la dyslexie),
    en général au début de l’école enfantine si, bien  qu’il soit dans un milieu qui lui parle le français (en Suisse romande), il n’arrive pas à acquérir une structuration normale de son langage parlé au bout de quelques semaines à mois. Il convient bien entendu de tenir compte de son milieu familial, où on lui parle une éventuellement une autre langue et lui laisser le temps de progresser. Des doutes sur sa capacité à s’exprimer peuvent être présents avant cet âge dans une famille francophone.

Il convient d’exclure d’autres causes qui  peuvent diminuer sa capacité à progresser. Un examen médical est proposé à cet effet à 4,5 ans chez le pédiatre ou son médecin de famille, qui fera le bilan de sa progression dans tous les domaines de son développement physique, psychique et relationnel, dont la communication. Si aucune des autres causes possibles  n’est mise en évidence, et que le retard au développement d’une capacité de communication correspondant à l’âge se confirme, il convient alors de faire un examen chez une logopédiste diplômée, soit en milieu scolaire, soit en privé.
   

  • Dyslexie
       
    Un enfant ne peut paraître atteint de dyslexie que lorsqu’il a commencé l’apprentissage de la lecture des lettres et des premiers mots simples depuis quelques temps et qu’il n’y réussit pas ou seulement partiellement. Tout le monde sait que ce rythme et l’habileté des enfants est assez variable. La date limite pour le développement d’une lecture efficace est certainement la fin de la première année primaire.
    Mais certains enfants, qui passent ce stade apparemment sans problème en compensant leur handicap, peuvent avoir ultérieurement des difficultés récurrentes qui les bloquent dans le domaine de l’orthographe seulement, jusqu’en 5ème année environ. Le diagnostic de ce même handicap peut donc aussi être tardif, et on dira que ces enfants sont dysorthographiques, même si c’est à la base le même problème.

Rapports entre ces troubles

Le fait est bien connu qu’une certaine proportion d’enfants dysphasiques se révèlera aussi par la suite souffrir de dyslexie, comme une certaine proportion de dyslexiques continueront d’avoir des problèmes avec l’orthographe. Cela n’est pas un trouble surajouté, mais la présentation d’un même problème de base, qui est neurologique.
Mais il n’y a pas de traitement médicamenteux connu actuellement qui permette d’aider ces enfants « dys » : seul un traitement logopédique, c'est-à-dire une rééducation, permet de faire acquérir les techniques personnelles et ultérieurement les automatismes nécessaires pour maîtriser ce trouble.

   
Durée du traitement et qualité de la récupération

La rééducation, toujours efficace, toujours nécessaire dès que le diagnostic est posé par un professionnel, permet une récupération variable.
Mais le degré de cette compensation ne peut être pronostiqué avec certitude dans les premiers temps du traitement. Un traitement logopédique pour une atteinte de gravité faible à moyenne va couramment jusqu’à deux ans, et dans un 5% à 10% des cas jusqu’à 3 ans.
Les atteintes plus importantes nécessitent éventuellement une durée de prise en charge plus grande.
Cette variabilité existe aussi dans la «qualité» de la récupération. Dans les meilleurs cas elle est intégrale. Mais cela est peu fréquent, et il reste souvent des traces après la fin du traitement.
Le traitement logopédique est stoppé lors qu’il apparait, de l’expérience du thérapeute, que l’enfant ne pourrait plus progresser notablement  dans sa rééducation en raison de sa prolongation.
   

Evolution de la dyslexie dans le temps

Mais cela ne signifie pas que le trouble est intégralement compensé. La plupart des dyslexiques vont continuer, leur vie durant, de souffrir de quelques problèmes dans certains domaines de la lecture et de l’écriture (précision, lenteur), avec une fréquence plus grande que le reste de la population. Mais ils auront appris où ils se situent, et comment y faire face efficacement.

Il est aussi courant de s’améliorer avec les années, et que l’effort de mémorisation intense permette d’y faire face. Il se peut aussi que dans la vie professionnelle, confrontés à de nouveaux défis, des dyslexiques voient leur fragilité se manifester à nouveau ; ils peuvent même bénéficier alors d’une reprise du traitement. D’autres dyslexiques développent (par compensation ?), des talents dans les domaines spatial, artistique, et en font leur métier, d’autant qu’ils y sont peu confrontés à la lecture et l’écriture qui continuent de leur poser problème.
Ils peuvent aussi s’adapter avec des moyens électroniques (ordinateur avec correcteur de texte, dictionnaire électronique, etc.)

Que faire pour la scolarité de l'enfant dyslexique ?
Il faut distinguer ce que l'on peut souhaiter de la part du milieu scolaire et ce qu'il convient de mettre en place dans le milieu familial.
Des conseils pratiques sont à votre disposition dans les 2 chapitres ci-dessous.

 

Dyslexie: que faire?


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