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Adoption et homoparentalité

Notre expert

Familles homoparentales, on vous hai-me!

Dans les mois à venir, les deux chambres du Parlement s’apprêtent à voter la loi autorisant l’adoption de l’enfant du conjoint par sa ou son partenaire de même sexe. Un premier pas vers la reconnaissance de ces nouvelles familles ou la remise en cause du concept de parentalité ? Entre principes et réalité, le débat divise.

Au-delà des lois, l’amour et la protection sont les clés d’une enfance épanouie. Chaque enfant y puise équilibre et confiance en lui. Etre né dans une famille traditionnelle ou au sein d’une famille arc-en-ciel, ne change pas les fondamentaux de toute éducation. Pour Pro Familia, l’association faîtière des organisations familiales en Suisse, le point central est et reste l’intérêt de l’enfant quelle que soit la configuration familiale. «Nous défendons l’image d’une famille plurielle et diverse, avance Michèle Theytaz Grandjean, secrétaire générale de Pro Familia Vaud. La famille arc-en-ciel est un modèle comme les autres». C’est à l’occasion du  20ème anniversaire de l'année internationale de la famille en 2014, que Pro Familia a invité les familles arc-en-ciel à y participer. « Les objectifs de l’association sont de promouvoir une politique de la famille cohérente, plurielle et équitable. Cela concerne tous les familles qu’elles soient recomposées monoparentales ou homoparentales », explique Mme Theytaz Grandjean. Si le regard de la société évolue sur ce nouveau genre de famille les textes de la Constitution ne leur font encore pas de place.

Les temps changent

Aujourd’hui, seules les personnes mariées depuis cinq ans peuvent adopter l’enfant de leur conjoint. En 2005, le partenariat enregistré pour les homosexuels ne prévoyait aucune disposition en matière d’adoption. Cela deviendrait alors possible pour ces couples unis par le partenariat mais aussi pour les simples concubins. Au quotidien, le ou la partenaire du parent biologique n’a pas l’autorité parentale. En cas du décès du parent officiel de l’enfant, il ne peut pas revendiquer le droit de vivre avec l’enfant qu’il a aussi élevé. Cette loi permet d’envisager dans ce cas-là la filiation, à condition toutefois que l’autre parent biologique ne soit pas connu, mort ou qu’il accepte de transférer ses droits et devoirs. «Ça ne sert à rien d’enfermer ces familles dans un placard, résume Mme Theytaz Grandjean. Il ne faut pas se voiler la face  et les reconnaître comme elles sont». En Suisse, l’image de la famille traditionnelle fait de la résistance même si elle ne correspond plus tout à fait à la réalité. «Le modèle du papa qui travaille, de la maman au foyer élevant les enfants, représente à peine 21% des familles  dans le canton de Vaud», note Michèle Theytaz Grandjean . La situation a bien évolué depuis les années 70 et les différents recensements attestent qu’aujourd’hui, le modèle familial traditionnel s’efface au profit de familles à deux emplois et monoparentales. Ainsi va la nouvelle vie de famille.

 

Désir de normalité

Le projet de loi ne sera pas «adopté» par les partis conservateurs qui organiseront certainement un référendum demandant au peuple de se prononcer. Sans doute, anticipent-ils si le texte est accepté, les prochaines étapes du mariage pour tous, de l’adoption pour tous, de la procréation médicalement assistée. Pour les organisations homosexuelles, l’adoption de l’enfant du conjoint représente un premier pas vers une plus large égalité pour tous les types de famille. Mais combien sont-elles exactement et combien d'enfants sont concernés? Difficile à dire, les chiffres estimés vont de 6000 à 30000 enfants vivant dans des familles arc-en-ciel. «On a du mal à évaluer le nombre d’enfants car les familles homoparentales ne sont pas  spécifiquement prises en compte dans les statistiques, observe Mme Theytaz Grandjean. Certaines se considèrent comme famille monoparentale, d’autres pacsées se déclarent en concubinage». L’envie de ressembler aux autres familles semble légitime et une démarche plus acceptable pour une certaine population encore effrayée par des gay pride, parfois un peu trop «démonstratives». Il y a trente ans, ce sont les familles monoparentales qui étaient stigmatisées. Depuis, le divorce s’est banalisé et l’on s’est aperçu que les conditions économiques pouvaient fragiliser l’équilibre de l’enfant plus que le fait d’être élevé par un parent seul. Pour les familles homoparentales, peut-être faudra-t-il une ou deux générations pour se fondre totalement dans le décor familial. D’ici là, elles devront encore déplacer quelques montagnes de préjugés et d’idées reçues.

 

François Jeand’Heur

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