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Il faut encourager toute initiative venant de professionnels compétents visant à créer des équipes aptes à évaluer des situations de maltraitance. Il convient que toutes les équipes travaillant dans des milieux où des mauvais traitements pourraient être découverts qu’elles se préparent activement à la détection et à l'accueil des confidences. Les démarches à entreprendre, la composition du réseau d'intervention, le rôle et la responsabilité de chacun devraient être définis avant l'évènement. Les responsables hiérarchiques, comme cela se pratique encore trop rarement, doivent s'engager personnellement dans les signalements ou les dénonciations aux autorités, et décharger leurs subordonnés de cette tâche. Tout cela risque cependant de rester au niveau du discours si le modèle "médical" est appliqué, c'est-à-dire que chaque professionnel traite "son" symptôme, celui qu'il reconnaît et considère comme important, en l'absence d'un projet commun, dans la mesure où les symptômes de maltraitance sont quelquefois très peu indicatifs un à un, et que ce n’est que leur réunion qui fasse avancer la réflexion.
Discuter avec le public intéressé est une tâche constante. L’intérêt est souvent marqué, particulièrement chez les parents d’enfants en bas âge, mais aussi parmi les enseignant(e)s. Le sujet des mauvais traitements, particulièrement celui des abus sexuels, nécessite toujours un approfondissement de la réflexion au-delà de l’aspect purement émotionnel.
Si un effort de formation pluridisciplinaire est utile, il est particulièrement nécessaire pour les différents professionnels de la psychologie, de la médecine et de l'action sociale, car il permet de réduire l'écart entre les représentations, les perceptions et les intentions d'intervenir.
La réaffirmation du cadre juridique est nécessaire. Il faut avoir d'emblée, comme préalable à toute action dans ce domaine, une vision circulaire de l'organisation des échanges, et comme paradigme que l'intervention doit se faire à plusieurs niveaux. Le secret professionnel doit à cet égard être discuté de manière critique. Les choses seraient beaucoup plus simples si, comme la loi le prescrit, tous les intervenants du domaine de la santé posent comme préalable à leur intervention en faveur d'un client que la confidentialité ne peut être respectée que dans le cadre légal. Et si ces professionnels qui ont connaissance d'un mauvais traitement ne peuvent protéger efficacement l'enfant, pour quelque motif que ce soit, ils doivent en avertir les autorités.
L'efficacité des mesures de protection et la qualité de la prise en charge doit être renforcée. On assiste trop souvent aujourd'hui à la délégation du suivi d'une situation d'un service responsable à un autre. Il en résulte ordinairement des interventions ponctuelles, non intégrées dans un projet global bien construit. Cela aboutit à une action insuffisante pour promouvoir de véritables changements dans les contextes maltraitants et modifier durablement les interactions pathogènes.
Le cadre juridique doit rester en tout temps le garant des conditions de traitement, et éviter que l'on substitue le traitement à des mesures protectrices.
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