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Jeu en famille: apprendre à perdre

Il est dur pour les parents de voir leur enfant s’emporter après avoir perdu à un jeu. Il lui faut apprendre à gérer ses émotions, à accepter ces petites défaites qui font partie de la vie.


Le jeu débute!

Cela avait si bien débuté… En ne piochant pas la bonne carte, en ne réalisant pas le bon jet de dés, le ciel s’est assombri d’un coup. Le visage du petit garçon, de la petite fille s’est renfrogné, sa bonne humeur a disparu. Quand l’enfant se rend compte de son échec, son amour-propre est atteint et il enrage.

« Certains le vivent comme un drame, relève Adeline Yamnahakki, pédopsychiatre à Rolle. Pour eux, perdre une fois, c’est perdre toujours. »

Les réactions peuvent varier d’un enfant à l’autre en fonction de l’âge et de la maturité.

« Les tout-petits sont très égocentrés, rappelle Mme Yamnahakki. A deux ans mieux vaut renforcer leur estime d’eux-mêmes. Entre 3 et 6 ans, perdre reste difficile et paradoxal alors qu’on leur demande de réussir, d’avoir de bons résultats à l’école. »

Pour amortir la déception d’une défaite, relativiser, dire que finalement ce n’est qu’un jeu n’arrange rien, car l’enfant apprend, assimile le monde justement à travers le jeu.
Quand il gagne, il se sent valorisé et au centre de l’attention.
Pour lui faire plaisir, les parents sont tentés de le laisser remporter la partie quitte à fermer les yeux s’il triche pour arriver à ses fins.

« Si on voit qu’il est en détresse, on peut le tolérer une fois, suggère Mme Yamnahakki. S’il insiste et continue à tricher, il ne faut pas hésiter à faire une pause. L’apprentissage doit se dérouler dans la sérénité. »

Valoriser le plaisir d’être ensemble plutôt que l’enjeu permet à l’enfant de supporter la frustration de ne pas être toujours le premier.
“La frustration est inévitable dans la vie.”


Gagner en maturité

Si tu tombes dedans, tu y restes jusqu'à ce qu'un autre joueur prenne ta place… ou pas.

Au fond du puits, on attend, on espère, on se dit que la chance nous a fuis. Le jeu de l’oie comme les petits chevaux ou les 1000 bornes sont des jeux de hasard où les enfants ont autant de probabilités de gagner que les adultes.

Les éditeurs sont attentifs à l’âge, à la durée, au niveau de difficulté pour que le jeu reste une partie de plaisir. Suivre les règles demande un effort à l’enfant, mais le prépare déjà à affronter ce qui l’attend plus tard.

Voir les jeux de société que nous proposons ici!

« La frustration est inévitable dans la vie, observe Mme Yamnahakki. A ce niveau le jeu est très formateur et au lieu de lui éviter toute contrariété, les parents sont là pour l’aider à surmonter les situations difficiles. »

La société, la vie est une compétition et en dehors de chez lui, personne ne le laissera gagner, copains y compris. S’il a du mal à perdre, l’enfant n’aime pas non plus qu’on le laisse gagner trop facilement.

« Il faut une cohérence et une justice, note Mme Yamnahakki. S’il perçoit qu’il n’y a pas d’authenticité dans le jeu, alors il se sent trompé et se dit que rien n’a de sens. »

Pour que la victoire soit belle, que l’expérience soit riche d’enseignement encore faut-il jouer franc jeu. Avant qu’il ne devienne un beau joueur, les parents doivent faire preuve de patience.

Avec souplesse et empathie, ils lui feront comprendre qu’un jour on gagne, un jour on perd, c’est la vie quoi !

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