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Jalousie de l'aîné

Comment gérer la jalousie à l'arrivée de Bébé?
Il est dur parfois pour l’aîné·e de voir arriver un petit frère ou une petite sœur. Sans renier ses sentiments mêlés, voilà une occasion d’emmener l’enfant vers plus d’autonomie.

Mon enfant est jaloux, une réaction normale?

Jusqu’ici tout allait bien. Maman était toujours disponible rien que pour moi. Maintenant, elle dit qu’elle n’a plus le temps, qu’elle est fatiguée, qu’elle doit s’occuper de « l’autre ». Partager sa maman avec un nouveau venu n’est pas facile à accepter.

« L’enfant peut avoir l’impression de perdre l’attention de ses parents au profit de quelqu’un d’autre, observe Nicolas Favez, professeur en psychologie clinique à l’université de Genève. Et cela peut déclencher naturellement de la jalousie chez l’aîné·e. »

La jalousie est une réaction normale qu’il ne faut pas dramatiser. Nocive à haute dose, elle est un ingrédient qui prépare aux relations sociales. A l’inverse de l’indifférence, elle nous pousse vers autrui afin qu’on ne nous oublie pas. A condition que l’aîné·e ne soit pas délaissé·e, la situation présente même de réels avantages.

« Quand la famille s’agrandit, c’est une chance pour l’enfant de ne plus être au centre de l’attention, considère Cristina Tattarletti, collaboratrice senior et cofondatrice de l’Education familiale à Fribourg. Il va être libéré de la pression parentale et pouvoir être plus indépendant. »

Les parents vont apaiser ses doutes, puis l’encourager à grandir et à élargir ses horizons.

Mon enfant est jaloux, comment l'aider ?

Déchu de son trône par son cadet, il est possible que l’enfant régresse, redemande son biberon ou à retourner dans la poussette.

« Tout en tolérant ce genre de manifestations, les parents n’ont pas intérêt à y attacher trop d’importance, remarque M. Favez. S’il voit qu’il n’en tire pas de bénéfice, l’enfant finira par se calmer. »

L’impliquer concrètement dans la venue prochaine de son frère ou de sa sœur est un bon moyen de le préparer au changement.

« On peut lui demander de nous aider à aménager la future chambre, à tourner les pages du calendrier, cite en exemple Mme Tattarletti. Cependant, neuf mois c’est très long pour le jeune enfant, il ne faut pas trop lui en parler ni lui en parler trop tôt. »

Le rendre partie prenante avant est important tout comme de continuer après à passer du temps avec lui, et seulement avec lui.

« La jalousie peut dégénérer en rivalité dans la fratrie si vous ne consacrez pas assez de moments exclusifs à votre aîné·e, sans la présence du bébé, note M. Favez. Une fois rassuré, il va progressivement intégrer la notion de partage. »

L’exclusion redoutée peut être vécue alors comme une promotion pour peu qu’on valorise ses compétences.

« Les parents vont lui rappeler qu’il va à la crèche ou à l’école, qu’il a déjà plein de copains alors que le bébé ne fait que manger et dormir, souligne Mme Tattarletti. Et qu’il pourra lui apprendre plus tard des tas de choses. »

Pour bien vivre l’événement, l’aîné·e ne doit pas se sentir lésé·e mais soutenu·e, accompagné·e dans son nouveau rôle, dans son statut de grand frère ou de grande sœur et développer ainsi des relations fraternelles en toute sécurité.

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