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Grands-parents et petits-enfants, une aide au quotidien

Incontournables grands-parents

Appelés en renfort, les grands-parents soulagent les familles dans la vie de tous les jours. Dévoués à la cause familiale, on peut compter sur eux.

Connaissez-vous Antoine-Henri Jomini, général suisse surnommé le « devin de Napoléon » ? Il a inventé la logistique militaire, science de l'art de la guerre.

De nos jours, la logistique s'applique aux entreprises, mais aussi aux familles tellement les rythmes de vie se sont accélérés. Pour y faire face elles ont recours aux grands-parents, véritable base arrière qui leur permettent d’affronter cette bataille quotidienne contre le temps.

« C’est un peu le nouveau contrat social familial, constate Philip Jaffé, psychologue et professeur à l’Université de Genève. Les parents travaillent à fond et on s’attend à ce que les grands-parents soient là et jouent le jeu. »

Cette armée invisible a un rôle de plus en plus important dans la garde des enfants, un travail estimé à 8 milliards de francs par an.

« Même s’il augmente depuis dix ans environ, le nombre de places d’accueil demeure insuffisant par rapport aux besoins des parents, observe Norah Lambelet Krafft, fondatrice de l’Ecole des Grands-Parents de Suisse romande en 2003, devenue maintenant Etre Grands-Parents... aujourd'hui. En dépannage ou de manière régulière, les grands-parents sont donc très utiles. »

Pour un quart des ménages suisses, ils représentent la seule solution de garde possible. Sous l’appellation de grand-parentalité intensive, des sociologues désignent ces papys et mamies présents au quotidien qui s’engagent affectivement et financièrement auprès de leurs enfants et petits-enfants.

Nouveaux grands-parents

En un siècle, l'espérance de vie a augmenté d'une trentaine d'années. Actifs et en bonne santé, les seniors actuels n’ont plus rien à voir avec ceux des générations précédentes.

« Avant, les grands-parents ne bougeaient pas tandis qu’aujourd’hui, ils voyagent, ils font du fitness, de la salsa, remarque M. Jaffé. Sur le plan émotionnel, ils se lâchent, sont plus proches et s’en étonnent eux-mêmes. »

Alors que les grand-mères ont toujours eu tendance à cajoler, cela vaut surtout pour les grands-pères distants, enfermés dans un carcan où l’on ne montrait pas ses émotions. Certains sont désormais plus décontractés et plus complices avec leurs petits-enfants qu’ils ne l’ont été avec leurs propres enfants.

En cas de séparation, de divorce, les grands-parents sont d’un grand soutien pour leurs enfants et un repère affectif stable pour les petits-enfants.

« Attention tout de même à ce que les grands-parents ne deviennent pas corvéables à souhait, avertit Mme Lambelet Krafft. Devant les demandes et les exigences des parents, le risque est de ne plus arriver à suivre, mais de ne pas oser en parler de peur d’être mis à l’écart. »

Au danger de surmenage d’une hyper présence, s’ajoute d’un autre côté celui de se montrer intrusif en matière d’éducation. Pour parer à de potentiels conflits transgénérationnels, les grands-parents « parfaits » doivent savoir se positionner, se rendre disponibles dans la mesure du raisonnable et discrets, sachant s’effacer le reste du temps quand on a plus besoin d’eux.

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