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Anne Jeger - Psychologue clinicienne

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D. Les maux d'enfants et conseils pour les parents

Un article écrit par Anne Jeger, psychologue clinicienne.
Elle reçoit des enfants, des adolescents et des adultes confrontés à des ruptures de lien (décès, maladie grave d'un proche, séparation...), des difficultés familiales, scolaires ou professionnelles, des problèmes relationnels ou des questions existencielles.

 

 

Les enfants stimulés, pressurés, gavés, ont deux alternatives:

  • soit ils tentent tant bien que mal de suivre le mouvement et ils s’épuisent à être des enfants performants et parfaits;
  • soit ils résistent et sont excluent des bancs.

C’est un peu simpliste, mais au fond, c’est ce qui se passe en réalité. Beaucoup d’enfants développent des symptômes réactionnels à ces pressions sociétale, scolaire et familiale.

Progressivement, s’installent différents maux:

  • Sur le plan physique

    • fatigue voire épuisement proche du burn-out qui se traduit soit par un enfant irritable qui s’oppose et refuse toute consigne, soit par un enfant inhibé, difficile à stimuler,
    • tensions, nervosité,
    • difficultés de concentration et de mémoire,
    • baisse des résultats scolaires,
    • manifestations somatiques: maux de ventre, maux de tête, etc.

  • Sur le plan psychique

    • peur, anxiété, angoisses : peur de mal faire, peur de l’échec, peur de la vie
    • manque d’enthousiasme
    • dévalorisation, mauvaise image de soi
    • absence de désir
    • absence de volonté
    • quête de la perfection, hyper-contrôle
    • obsessions
    • impatience, intolérance à la frustration - etc.

A terme, s’il n’est pas aidé, l’enfant développe un stress que l’on nomme syndrome général d’adaptation - découvert par le Canadien Hans Selye. Sans cesse, on lui demande de s’adapter aux nouvelles techniques, aux nouvelles demandes, ce qui exige de développer une énergie physique et psychique considérable. Au bout du parcours du combattant où il n’y a pas de place pour le repos, ni pour l’échec, certains enfants s’enfoncent dans la dépression, d’autres développent une maladie.
Le corps dit STOP, enfin, à cette spirale d’exigences infernales.


Pour nous parents, comment faire? 
Les repères d'Anne Jeger pour l'aider à gérer son stress:

  • Chaque enfant a son propre rythme et il est primordial de le respecter.
  • Chaque enfant a ses propres compétences et il est primordial de les respecter.
  • Les enfants ne sont pas des machines.
  • Il existe plusieurs types d’intelligence et celle de votre enfant est aussi intéressante que celle du voisin même si elle est différente –  évitez la comparaison et valorisez la sienne.
  • Les enfants ne sont pas des «réplications» de leurs parents, ils ont leur propre personnalité, leurs propres désirs.
  • Les enfants ont besoin de repos, de temps pour «ne rien faire», de temps pour rêver.
  • Les enfants ont le droit de râler quand ils sont fatigués après une journée bien remplie.
  • Les enfants ont besoin de savoir qu’ils sont aimés même s’ils ont des difficultés à l’école ou ailleurs.
  • Les enfants ont besoin d’être encouragés et valorisés.
  • Ne demandez pas à votre enfant ce qu’il ne pourra pas vous donner même avec les plus grands efforts du monde; dans certains domaines il a moins de compétences que dans d’autres.
  • Votre enfant est un être unique qui ne demande qu’à développer ses richesses, aidez-le.

...et ses conseils:

  • Planifier des plages de temps libre avec vos enfants et votre conjoint, calendrier à l’appui.
  • Apprenez à vos enfants des techniques de relaxation et de prise de conscience de leurs sensations – La méthode Vittoz ainsi que la sophrologie ou la méditation sont des techniques intéressantes qui valorisent le corps et ses sens.
  • Eteignez la télévision, l’ordinateur, la PS5 et allez dans la nature sentir la vie « ici et maintenant ».
  • Etc… et INVENTEZ ensemble.


Vivre enfin…

A vouloir trop remplir le temps des enfants, on oublie de les laisser respirer, de les laisser vivre, tout simplement.
Le temps de rêverie, les moments «à ne rien faire» leur permettent de marquer une pause dans les apprentissages, de les assimiler et donner libre cours à leur imaginaire. C'est un espace pour respirer. Un espace pour souffler.
Les temps de répit sont indispensables entre la fin de l’école et les devoirs, entre les devoirs et les activités extra-scolaires, entre la question qu’il vous pose et la réponse que vous lui donnez, etc.
C’est en partie dans ces moments de «vide» qu’il développe ses ressources.
Aujourd’hui, les enfants de plus en plus jeunes, privés de rêves, d’insouciance et  «remplis de tout», vont chercher dans les drogues ou les sports à risques des sensations fortes et des moments d’évasion souvent pour fuir une réalité bien difficile.
 
L’imagination est un trésor. Donnez à vos enfants le temps de s’enrichir de cette ressource inestimable qu’il a en lui, à portée de main.

Bibliographie

Etty Buzyn, Papa, maman, laissez-moi le temps de rêver, Paris, Albin Michel

ProJuventute, « Le droit à ne rien faire » – Petite enfance – Septembre

Maria Poblete, « Quand les parents mettent la pression » , Psychologies

Gisèle George, Ces enfants malades du stress, essai, Anne Carrière

Elkind, D., L’ Enfant stressé, Les éditions de l’Homme, Montréal

Béatrice Copper-Royer, Vos enfants ne sont pas des grandes personnes , Albin Michel

Liliane Lurçat, Le Temps prisonnier, des enfances volées par la télévision, Desclée de Brouwer

Geneviève de Taisne, Temps familial et rythme de l’enfant, Paris, Cerf

Marie-Josèphe Chalamel, Marie Thirion, Le sommeil, le rêve et l’enfant, Paris, Ramsay

Françoise Dolto, La difficulté de vivre, Carrère

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