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Urgence éducative : remettre le cadre au cœur de la parentalité

Un cadre éducatif de plus en plus flou

Dans mes consultations, et ce depuis plusieurs années, je rencontre de plus en plus d’enfants angoissés, agités, débordés émotionnellement. Des enfants qui semblent trop en demande, trop dans l’opposition, trop en crise. 
Et très souvent leur mal-être est lié, non pas à un manque d’amour, mais à un manque de cadre clair, stable et sécurisant.

Beaucoup de parents souhaitent bien faire. Ils s’informent, se remettent en question, cherchent à respecter les émotions de leurs enfants. Cette intention est très positive. 

Mais parfois, à force de vouloir éviter les conflits, les frustrations ou les pleurs, le cadre s’en trouve flou ou se dilue. 

Je vois ainsi :

  • Des enfants qui décident seuls de l’heure du coucher, de ce qu’ils mangent, de ce qu’ils font ou refusent de faire
  • Des parents qui disent « oui » par fatigue ou par peur du conflit, et qui négocient chaque règle pour préserver le calme
  • Des adultes qui culpabilisent dès qu’ils frustrent leur enfant
  • Des parents qui lâchent, non par choix éducatif, mais par peur de ne plus être aimés


Et pourtant… il est important de tenir bon !

Ce que ces enfants recherchent, ce n’est pas davantage de liberté.
C’est plus de sécurité.

Un enfant a besoin de repères solides pour se construire. Il a besoin de savoir où commencent et où s’arrêtent les limites. Ces limites l’aident à comprendre le monde, à vivre en famille, puis en société. Elles lui permettent de développer sa tolérance à la frustration, de réguler ses émotions et de se sentir contenu.

Un enfant sans limites — ou limité avec des règles floues, changeantes, sans conséquences — est un enfant qui ne sait pas où s’arrêter.
Il teste, pousse, provoque et parfois déborde. Non pas pour « manipuler », mais dans l’espoir inconscient que quelqu’un tienne bon en face de lui.

Tenir bon, c’est :

  • annoncer des règles et des limites claires, concises et cohérentes ;
  • expliquer, lorsque c’est possible et pertinent ;
  • préciser les conséquences en cas de transgression ;
  • et surtout… les appliquer avec constance.


Le cadre n’est pas la punition.
C’est la structure invisible qui permet à l’enfant de grandir le plus harmonieusement possible.

Pourquoi le cadre éducatif est fondamental ?

Car :

  • Éduquer, ce n’est pas plaire.
    C’est incarner une autorité ferme, juste et sécurisante qui protège et qui guide.

  • Éduquer, ce n’est pas débattre ou marchander en permanence.
    Oui, il est fondamental d’expliquer, de dialoguer, d’accueillir les émotions des enfants.
    Mais il existe des moments où le parent doit décider, trancher, montrer le chemin, même si cela génère de la frustration.

  • Éduquer, c’est accepter d’être parfois impopulaire parce que le rôle d’un parent n’est pas d’être aimé tout de suite mais d’être respecté pour longtemps.

Il est essentiel de se rappeler que :

  • Dire non, ce n’est pas blesser
  • Fixer une règle, ce n’est pas être dur ou sévère, c’est poser un cadre clair dont les enfants ont profondément besoin pour se sentir en sécurité

L’autorité n’est pas synonyme de dureté. L’autoritarisme, oui.
Le cadre n’est pas l’inverse de la bienveillance. C’est précisément ce qui la rend possible.

Pour en savoir plus sur le sujet, Anne Jeger est l’auteure du livre « Regard d’une psychologue sur les enfants, la vie de famille et les épreuves du couple. » (A commander sur => lafamilyshop.chet chez Payot à Lausanne


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N'hésitez pas à la poser à Anne Jeger, psychologue et auteur de l'article

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