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L'enfant de l'Autre... L'aimer, un défi?

Notre expert

Annick Pochet - Experte en Thérapie Familiale, individuelle ou de couple à domicile

Notre partenaire thérapeute familial, Annick Pochet répond gracieusement à toutes les questions que vous vous posez concernant vos problèmes familiaux. N'hésitez pas à lui écrire à apochet@pnl-systemique.com.
Possibilité de Thérapie à domicile ou au cabinet.

Comment aimer les enfants de l'Autre?
Et si l'Autre c'est nous?
Comment faire si on ne le supporte pas? 
Comment en parler?

Un article écrit par Annick Pochet,

Thérapeute systémique, PNL et Hypnose

 

Et voilà... le couple n'est plus. Vous vous retrouvez donc parent seul, à élever votre ou vos enfants. Vous portez maintenant toutes les casquettes, celle du père comme de la mère, vous gérez un quotidien qui peut parfois être lourd et compliqué, et vous devenez l'élément référent et privilégié pour votre ou vos enfants quand vous êtes ensemble. Vous devez apprendre à gérer votre solitude quand ils sont avec l'autre parent et votre temps quand ils sont avec vous.
   
Et puis un jour, vous tombez amoureux(se). Que ce soit avant, pendant ou après la séparation d'avec l'autre parent de vos enfants, la seule constante est que vous allez devoir apprendre à composer avec cette nouvelle configuration "familiale".
   
Si on examine ça du point de vue systémique, l'arrivée de cette nouvelle personne dans votre vie va, de fait, influencer le lien que vous avez construit avec vos enfants. Ce nouvel "élément" sera perçu par l'enfant comme un intrus qui rompt l'intimité gagnée au prix de la séparation de ses parents. Il va donc considérer "l'intrus" comme un potentiel danger et réagir en conséquence.   
    
Evidemment, tout ceci est contextuel. Les réactions de chacun vont dépendre de l'âge qu'a l'enfant quand le nouveau partenaire arrive dans sa vie, de la durée de votre célibat avant l'arrivée de votre amoureux(se), de la place que vous lui donnez, de la vitesse à laquelle le quotidien sera partagé et surtout de l'affinité entre l'enfant et le partenaire. Et cela marche dans les 2 sens. C'est à dire que le partenaire peut lui aussi avoir des enfants et qu'il faudra donc s'adapter et créer un lien avec ces derniers.
       

Mais alors que se passe-t'il si on n'aime pas l'enfant de l'Autre ou si l'Autre n'aime pas notre enfant?
  

Il faut d'abord évaluer le niveau de ce "désamour". Beaucoup de choses entrent en jeu dans ce que chacun renvoie à l'autre en effet miroir. L'enfant va exprimer son rejet du partenaire au travers de différentes attitudes en fonction de son âge.
   
Quant au partenaire, il serait intéressant de regarder plus précisément ce qu'il n'aime pas chez cet enfant.
Est-ce son comportement?
La façon dont il fonctionne avec son parent?
Le lien entre le parent et l'enfant?
La place qu'il n'arrive pas à avoir dans ce duo?
Le danger que représente l'enfant par rapport à la relation du couple?
L'enfant en tant qu'individu à part entière?
   
En général, le sentiment de désamour est réciproque.

La connexion entre les 2 individus ne se fait pas. Outre le fait que le sujet est tabou, il provoque beaucoup de  sentiments contradictoires et de culpabilité chez le partenaire. Ce dernier choisit souvent de composer, de faire un effort, voire parfois de s'oublier afin de protéger sa relation de couple.

J'ai souvent entendu des parents dirent: "si ça ne fonctionne pas avec mes enfants, alors tant pis, je romps la relation. Mes enfants et moi c'est un package, on prend tout ou rien".

Cela indique 2 choses:

  • La première est que le parent se pense indissociable de ses enfants, et donc que le partenaire doit tomber amoureux d'un "groupe" et non d'un individu.
  • La deuxième est l'objectif que le parent s'est fixé en repartant dans une relation amoureuse.
    Cet objectif est souvent déterminant dans le rôle inconscient que le parent va attribuer à son (sa) nouveau (elle) partenaire, vis-à-vis de ses enfants. Et c'est ce rôle là que le partenaire va devoir comprendre et accepter ou pas.
    L'autre enjeu qui se met en place dans cette boucle systémique est que le partenaire, s'il aime beaucoup vos enfants et qu'il y a séparation, va vous perdre vous, mais aussi le lien qu'il a tissé avec vos enfants. Il revit donc un déchirement familial qu'il a déjà vécu lors de sa séparation d'avec le parent de ses propres enfants ou d'une autre séparation douloureuse. Il peut ne pas vouloir revivre ce traumatisme et donc se protéger en "n'aimant pas" vos enfants. Ce schéma vaut aussi dans l'autre sens pour l'enfant.

Quoi qu'il en soit, il faut dialoguer.

Ne pas cacher à l'Autre, son désamour pour son enfant, car de toute façon, la problématique va surgir, surtout si vous décidez de vivre ensemble.
Etre très au clair sur le rôle de chacun. De même qu'on s'adapte au mode de vie de l'adulte dont on est amoureux, on ne renonce pas pour autant à ses propres valeurs. Il est alors nécessaire de s'adapter à l'enfant, sans pour autant s'effacer devant lui.
   

S'interroger sur différentes questions:

  • Jusqu'où laisse-ton le partenaire entrer dans l'éducation de ses enfants? Et pourquoi précisément jusque là?
  • Que se passe t'il pour moi s'il interfère plus avant?
  • Comment aménager une relation qui permette une cohabitation entre mon partenaire et son désamour pour mon enfant?

Il faut donc, non seulement en parler avec son (sa) partenaire, mais aussi avec l'enfant incriminé. Trouver les mots adéquats en fonction de son âge, et mettre des limites aux remarques et attitudes qui ne sont pas acceptables de sa part, mais aussi accepter son refus de ne pas aimer le partenaire.

Si on n'aime pas l'enfant de l'Autre, il faut s'interroger sur sa capacité à faire avec ou sans. Est-ce que le malaise m'empêche de fonctionner avec mon (ma) partenaire? Il ne sert à rien de jouer la comédie de l'amour à un enfant, il sentira le mensonge et perdra toute confiance en vous. Mieux vaut prendre le temps de s'apprivoiser l'un à l'autre.

Et si définitivement le courant ne passe pas, il est préférable alors d'éviter la cohabitation. Le couple devra alors se construire autrement et laisser du temps au temps.

L'exercice est difficile. Il est parfois nécessaire de se faire aider. Chaque cas est unique et doit être exploré en prenant en compte toutes les parties impliquées du système. Au final, au plus le dialogue est ouvert entre tous, au mieux le nouveau système pourra fonctionner.

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