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Ecole et Stress

Le stress alourdit les cartables

La pression scolaire est le reflet d’une exigence toujours plus forte. Détendre l’atmosphère familiale passe par la confiance et un soutien bienveillant.

La vie n’est pas un long fleuve tranquille pour les élèves. C’est qui ressort de la dernière étude HBSC* menée par Addiction Suisse. Entre 1998 et 2014, le stress lié au travail scolaire chez les 11-15 ans est passé de 22% à 27%. « Le stress est un mot qu’on connaît déjà malheureusement à cet âge », remarque Corine Kibora, porte-parole d’Addiction Suisse. Se faire une place dans un monde du travail plus incertain qu’avant, préoccupe forcément. « L’école devient plus exigeante. A l’heure des choix, il ne faut pas se tromper, décider d’aller en apprentissage ou de poursuivre les études », analyse Mme Kibora. Le stress provoque chez certains enfants des maux de ventre, de tête, des troubles du sommeil. Il peut entraîner des angoisses, une baisse des résultats. L’étude constate également qu’il y a plus de fumeurs parmi les adolescents de 15 ans qui se disent moyennement ou très stressés que chez ceux qui déclarent l’être un peu ou pas du tout. Souvent, des parents soucieux alimentent eux-mêmes cette pression. Ils ont tout intérêt à revoir leur copie et à calmer le jeu.

Soigner l’ambiance à l'école et à la maison

Les parents misent sur la réussite scolaire de leur enfant afin qu’il soit le plus compétitif possible. « Les parents sont plus exigeants. Ils attendent aussi que leur ado soit plus autonome, plus organisé », observe Daniel Schechter, pédopsychiatre et médecin adjoint agrégé au service de psychiatrie de l'enfant et de l'adolescent, aux HUG. Quitte à oublier que chaque enfant évolue à son rythme et que les enjeux ne sont pas les mêmes pour tous. « A l’adolescence, les relations amoureuses sont parfois plus importantes que l’avenir matériel », souligne M.Schechter. De mauvaises notes peuvent vite faire monter en flèche le stress à la maison. Dans cette période délicate, entre enfance et âge adulte, les parents doivent avant tout garder le contact avec leur enfant. « Idéalement, il faut de l’empathie, de l’autorité et le guider dans ses propres choix et initiatives », estime M. Schechter. Pour retrouver l’harmonie, mieux vaut lâcher du lest tout en restant disponible et ne pas faire peser sur des épaules encore frêles, une pression trop forte.

        
François Jeand’Heur

*HBSC: Health Behaviour in School-aged Children

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